Les jeunes immigrés exclus de la gratuité des musées en France

Musée-du-Louvre-France

C’est une grande première en France, le gouvernement vient de prendre dans l’indifférence générale, une mesure sociale exclusivement réservée aux jeunes français et ressortissants de l’Union Européenne. Depuis le 04 avril 2009, les musées ouvrent leurs portes gratuitement aux jeunes européens  de moins de 26 ans. La ministre de la Culture et de la Communication, Christine Albanel, s’est réjoui « de cette mesure qui permettra à tous les jeunes de la Communauté européenne d’accéder gratuitement à notre patrimoine culturel et artistique. »

Ainsi donc, sont exclus de cette mesure les jeunes de moins de 26 ans résidant légalement ou pas en France, qui auront pour seul handicap de ne pas être européen. Il serait donc normal qu’un jeune étranger résidant en France soit contraint de payer pour visiter un musée en France, alors que dans le même temps, un jeune touriste Letton le fasse gratuitement.

Cette mesure est d’autant plus paradoxale que certains de ces jeunes ou leurs parents paient directement  des impôts locaux ou nationaux qui vont alimenter les caisses de ces musées. Y compris certains sans papiers, car on l’oublie souvent , le fisc est la seule administration en France qui ne leur demande pas leurs papiers pour percevoir leur argent.

De plus, comme il a été rappelé dans cet article, cette discrimination touchera aussi les enfants nés et résidant en France, qui pour la plupart n’obtiendront la nationalité française qu’à leur majorité.

A un moment où le gouvernement prétend vouloir favoriser l’intégration des immigrés dans la société française, espérons que ce n’est qu’un oubli qui sera vite réparé ou dans le cas contraire que les associations d’aide aux étrangers  porteront l’affaire devant les juridictions compétentes.

Car cette mesure discriminatoire est non seulement contraire à la Convention Internationale des Droits de l’Enfant ratifiée par la France, notamment à son article 31 alinéa 2 qui stipule que « Les États parties respectent et favorisent le droit de l’enfant de participer pleinement à la vie culturelle et artistique, et encouragent l’organisation à son intention de moyens appropriés de loisirs et d’activités récréatives, artistiques et culturelles, dans des conditions d’égalité« , mais  aussi à la Directive 2003/109/CE de l’Union Européenne, du 25 novembre 2003, relative au statut des ressortissants de pays tiers résidents de longue durée qui garantit à ces ressortissants les mêmes droits que les nationaux en matière d’assistance ou de protection sociale.

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